Il n'accepte pas la séparation et frappe sa concubine puis la menace d'une lame de cuisine. C'est la trame du dossier qu'ont examiné hier les juges du tribunal correctionnel hier. Ils ont condamné Sébastien L., 24 ans, jugé en comparution immédiate, à deux ans dont six mois ferme.
Elle veut le quitter, mais il ne veut pas. A chaque fois, c'est la même histoire. Et à chaque fois que l'histoire se termine mal, l'épilogue se déroule inéluctablement devant les juges. Comme hier matin, où Sébastien L. était jugé selon la procédure de comparution immédiate. D'une relation difficile , son couple a abouti à une séparation en tout point semblable. Une première série de faits visée par les juges remonte au 10 mai. Ce jour-là , motivé par son amour , le jeune homme de 24 ans frappe son amie au visage et tente de l'étrangler. Elle ne porte pas plainte. Le 4 juillet, cette fois-ci, la jeune femme annonce une nouvelle fois que chacun devra continuer sa route, mais séparément. Le jeune homme veut s'accrocher une ultime fois. Il l'appelle sur son téléphone portable, la menace de mort, puis se rend au magasin où elle est employée. Il prend soin de s'y rendre muni d'un couteau, plus sûrement employé pour trancher les pièces de boucherie que pour régler les conflits conjugaux. Elle se réfugie dans le sous-sol du magasin. C'est là qu'il la menacera à l'aide de la lame.
Je voulais lui montrer qu'elle m'avait fait du mal. Je voulais enfoncer le couteau dans mon coeur , affirme-t-il avant de se lancer dans de longues explications tandis que le président du tribunal regarde avec un air pensif la pièce à conviction. La veille, je l'ai vue descendre d'une voiture. Elle était accompagnée de deux hommes qu'elle a embrassés. Elle parlera simplement d'une bise adressée à deux amis. Cette scène, intolérable, le fait semble-t-il basculer du côté obscur , déclare-t-il sans rire au tribunal après une nuit blanche, passée à ruminer. Dans le magasin, après la scène du sous-sol, Sébastien entraîne son ex dans la rue. Deux vigiles, prévenus par les responsables du magasin, viennent à la rencontre du couple. Devant eux, il sort son couteau de cuisine. Ces deux comiques ont eu de la chance, j'aurais pu les tuer , ajoute-t-il tout naturellement. Une bagarre s'ensuit, puis les policiers viennent mettre un terme à la scène. Je ne suis pas en bonne santé mentale , affirme-t-il dès l'entame de sa garde à vue. L'expert psychiatre ne décèlera en revanche pas de troubles mentaux particulier. Dans son rapport, il souligne même, en substance, une intolérance à la frustration dans le cadre d'une relation amoureuse, et qu'une confrontation à la loi ne peut lui être que profitable . C'est sur cet aspect du dossier que le procureur appuie son réquisitoire, en réclamant une peine minimum d'un mois ferme, assortie d'une obligation de soins. Le tribunal ira bien au delà , en le condamnant à deux ans dont six mois ferme. Sébastien L. a directement regagné la prison à l'issue de son jugement.