Le Maïdo, son point de vue inoubliable sur les profondeurs insondables de Mafate, ses sentiers de randonnée et ses pistes de VTT, sa tamarinaie, ses kiosques et aires de pique-nique, les bouses et les vaches. Qui n'a pas croisé une vache sur la route forestière qui monte au point de vue ou sur la route des Tamarins - la vraie, version forestière - qui relie les hauteurs du Maïdo au village du Tévelave ?
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Les vaches sont entre 600 et 800 selon l'Office national des forêts pour lequel elles constituent une sérieuse épine dans le pied. Ces bovins divagants , comme les appelle l'administration, se nourrissent de l'herbe qui pousse ça et là , ce qui ne dérange personne, et surtout pas les Réunionnais qui viennent pique-niquer dans les Hauts. Mais elles broutent aussi les jeunes pousses de tamarins. Et là , il y a conflit d'intérêt. Nous suivons l'évolution du cheptel de manière attentive. Régulièrement, nous identifions les bovins, nous les suivons aux jumelles. Et nous constatons qu'ils broutent les jeunes pousses de tamarin , explique Martial Hoff, responsable de la maison forestière du Guillaume, qui veille sur les centaines d'hectares de la tamarinaie. Régénération de parcelles de tamarins et élevage extensif, les deux usages de la forêt ne font pas bon ménage. Et de là à penser qu'ils sont incompatibles, certains sautent le pas même s'ils ne le disent pas publiquement.
Dans les Hauts, les rumeurs courent : les éleveurs pourraient en venir à des méthodes plus musclées. Et l'État aussi, qui pourrait envoyer les militaires, et pas seulement les gendarmes, pour faire la chasse aux vaches errantes. Au fusil, assurent certains, ce qui n'a pu toutefois nous être confirmé.
Dossier Fabienne Bouloc, Georges Lazarre et Fabien Laroche