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FAITS MARQUANTS DU JOUR

Le mur de la honte
Le chemin Lauret à Condé Concession est devenu l'impasse Lauret au grand mécontentement d'une partie des riverains. D'un côté du mur d'enceinte érigé la semaine dernière, de belles villas. De l'autre, des maisons plus modestes. Les habitants de ces dernières ont éventré lundi ce qu'ils considèrent comme le mur de la honte .

C'est de la ségrégation ! , s'exclame une gramoune en colère. Depuis bientôt 30 ans qu'elle habite le chemin Lauret, elle n'avait jamais vu cela . Cette paisible rue de Condé Concession a pris des allures de champ de bataille. Entre les occupants des villas cossues du bas du chemin - le lotissement Henrietta - et les résidents des cases du haut moins clinquantes, la guerre fait rage. Oh bien sûr, ce n'est pas Belfast, ni Beyrouth à leurs heures les plus sombres. Mais il est bien question de cailloux. De parpaings. Et là , le quartier résidentiel prend carrément des faux airs berlinois. Un mur de deux mètres de haut a en effet été érigé la semaine dernière en travers du chemin devenu impasse. Le syndic de propriété du lotissement Henrietta représenté par Fontenoy Immobilier a émis le désir de construire une enceinte haute de 2 m afin de ne plus subir les passages intempestifs des habitants d'en haut, explique Christine Fauvel, gérante de l'agence. Les résidents veulent privatiser leur passage. C'est comme s'ils voulaient vivre dans un énorme jardin sans être dérangés . L'idée du mur est née à la suite de la construction débutée il y a un an de plusieurs LTS (logements très sociaux) - le lotissement Hiphi - en haut de la rue. Apparemment, ce voisinage dérange. La mixité sociale ne fait pas recette chez Henrietta.

Le mur reste en tout cas en travers de la gorge des familles en amont du mur. L'étroitesse de la rue empêche les croisements. À la construction des LTS, il avait été évoqué d'instaurer un sens unique. Mais aujourd'hui, le sens unique va droit dans le mur. Il n'y a même plus de place pour une intervention des pompiers. S'il y a un incendie, comment on fait ? , s'inquiètent les riverains. Depuis une semaine les éboueurs ne passent plus car ils ne peuvent faire demi-tour. Le coeur empli d'amertume et de colère, deux riverains se sont attelés mardi soir à détruire ce mur qui leur pourrit la vie. Très vite les autres riverains les ont rejoints. Le syndic de propriété a porté plainte mardi à la gendarmerie de Saint-Pierre. Nous avions prévenu les voisins par courrier. Ils étaient conviés à des assemblées, mais ils ne se sont pas manifestés, avance Christine Fauvel. Maintenant ils utilisent les menaces et la violence. Ce n'est pas la meilleure solution. Il y aura bientôt un panneau indiquant que c'est désormais une impasse . En amont du chemin, le propos est dur. Ce geste est assimilé à une volonté de ségrégation sociale. Ils ont bâti ce mur afin d'être séparés de nous, dénonce une habitante. Riches et pauvres ne se mélangent pas selon eux. Ils veulent construire une citadelle et nous en exclure . Il est vrai que la vision est déconcertante, voire navrante. D'un côté, une case qui a vécu, un peu délabrée mais bien tenue. A quelques mètres à peine, une villa avec piscine. Au milieu, un mur qui tue l'harmonie.

L.P. et B.Y.

Des cambrioleurs peu littéraires

Si seulement ils volaient des livres, leurs méfaits seraient au moins adoucis par une soif de culture. Mais non, les trois cambrioleurs qui sont entrés par effraction dans la librairie Cazal à Saint-Pierre, n'ont pas touché aux bouquins, ni même aux BD. Ce qui les intéresse, ce sont les objets de luxe et le matériel informatique qui garnissent les vitrines de ce magasin. Le forfait s'est produit dans la nuit de dimanche à lundi. Vers 2 h, trois jeunes Saint-Pierrois, en plein trip procuré par un cocktail d'Artane et de Rivotril, passent par l'arrière de la boutique. Avec un coupe boulons grand modèle, ils découpent des barreaux. Les deux majeurs de l'équipe s'introduisent dans la librairie. Le mineur fait le guet. Le meneur de la bande se saisit de deux valises et les remplit de marchandises de valeur : briquets plaqués or, montres de marque, couteaux, baladeurs MP3... Alors qu'il fait sortir les valises pleine d'un butin estimé à 10 400 euros, l'alarme se déclenche. Christophe Virama et le garçon de 16 ans - des multirécidivistes, 17 condamnations pour le premier à seulement 21 ans - sont rattrapés par la police sur les toits. Le troisième homme prend la fuite avec dans les bras un ordinateur portable, une montre, deux clefs USB et trois briquets.C'est ce dernier qui est à l'initiative du casse. C'est lui qui conduisait la Clio volée abandonnée aux abords du magasin. C'est lui qui a rempli les valises de marchandises. Bien connu des services de police -16 condamnations à 20 ans, il est sorti de prison au début de l'année - il est activement recherché. Ses deux comparses ont passé 48 h en garde à vue. Ils ont été libérés mardi soir dans l'attente de recevoir une convocation devant la justice quand les policiers auront mis la main sur leur acolyte et les 4 000 euros de marchandises encore dans la nature

 Marie-Lydia a mimé le geste fatal


Hier matin, devant les enquêteurs qui l'accompagnaient, Marie-Lydia Jérémie a refait les gestes qui ont coûté la vie à son concubin Christian Payet, samedi 7 mai 2005. Une reconstitution rapide et sans difficultés qui a permis à la juge d'instruction Fouquet-Lapar de mieux visualiser la scène du meurtre.

Une voiture de police stationne en face du numéro 24 de la rue Bois-de-Nèfles à Saint-Denis. Derrière l'épais feuillage qui ceinture la cour de la maison, deux policiers de la CDI sont postés devant la porte d'entrée du petit immeuble. Au deuxième étage, côté rue, les volets métalliques marrons sont fermés. Dans la petite cuisine sombre, Marie-Lydia Jérémie mime le coup de couteau fatal qui coûta la vie à Christian Payet, son concubin.

La reconstitution de l'homicide s'est déroulée sans heurts comme l'explique l'avocate de Marie-Lydia Jérémie, Me Christine Calas : La reconstitution a été rapide et sans difficultés majeures. Elle a permis au juge d'instruction de situer la scène. Il s'agit d'une scène de ménage classique sur fond d'alcool avec un couteau à portée de main. Le geste a été fatal mais il n'y avait pas d'intention de tuer. Le samedi 7 mai 2005, peu avant 19 heures, Marie-Lydia, Nadia de son petit nom gâté, se dispute avec son compagnon d'un an son cadet. Le couple a passé son après-midi à descendre des bouteilles de rhum et cette dispute, qui s'inscrit dans les habitudes du couple, est particulièrement violente. Nadia se saisit d'une lame de 20 cm et frappe en plein coeur. Christian Payet s'écroule sur le sol. La jeune femme va immédiatement se dénoncer chez sa voisine qui prévient le Smur. Les secouristes prennent en charge l'homme, sans connaissance, tandis que Nadia se rend d'elle-même au commissariat Malartic. Placée en cellule de dégrisement, Marie-Lydia a un taux de 1,9 g/l de sang. Vers 20 h 30, Christian Payet décède au CHD de Bellepierre. Le lendemain, la meurtrière présumée est présentée à la juge d'instruction Claire Fouquet-Lapar et est placée en détention provisoire. Elle est mise en examen pour homicide volontaire et encourt la peine maximum, la réclusion à perpétuité. La prochaine étape pour la Dionysienne sera son procès devant la cour d'assises.

F.S.

Un coup de sabre pour avoir critiqué un chien

Mardi, vers 18 h 30, les policiers du Port sont appelés rue Mascareigne pour une personne blessée par arme blanche. Sur place, les fonctionnaires interpellent un homme d'une cinquantaine d'années. Placé en garde vue, il raconte que quelques minutes auparavant, la victime l'avait invectivé car son chien, un animal de première catégorie, était agressif envers les passants. Furieux que l'on s'en prenne à son chien, il était alors retourné chez lui pour s'emparer d'un sabre à cannes et d'en porter un coup sur la main de celui qui avait insulté son animal. Blessée, la victime a été transportée à l'hôpital ou elle a reçu une ITT de 10 jours. Quant au propriétaire du chien, il devra répondre des faits de violences volontaires avec arme devant le tribunal correctionnel le 12 décembre.


Source : ilereunion.spaces.live.com
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