Vivant mais muet
L'auteur présumé des quatre homicides du chemin Depeche est sorti hier du coma dans lequel il était plongé depuis deux jours à la suite de sa tentative de suicide. Conscient, il reste néanmoins dans un état critique, les cordes vocales et l'appareil digestif sérieusement endommagés par l'acide qu'il a ingurgité. Il ne parlera plus jamais, et les enquêteurs n'envisagent pas de l'auditionner avant plusieurs mois.
Aussi l'audition, si tant est qu'elle puisse avoir lieu un jour, de l'auteur présumé des faits, s'avérera déterminante. Malgré les vraisemblables handicaps dont souffrira à l'avenir Dominique Vanwascapel, les enquêteurs auront le droit d'utiliser tous les moyens possibles et légaux pour établir la matérialité des faits , explique un policier proche de l'enquête. Si l'homme ne venait pas à retrouver l'usage de ses cordes vocales, ce qui est une probabilité importante, les policiers pourront essayer de le faire écrire, dessiner voire mimer devant une caméra sa version des faits. Les policiers disposent déjà de témoignages essentiels dans cette affaire. Outre les deux coups de téléphones donnés par Dominque Vanwascapel dans la matinée, annonçant qu'il allait tuer sa compagne, l'homme aurait également téléphoné depuis son GSM à deux reprises pendant les faits. Joignant des proches, l'homme aurait déclaré avoir commis un crime à deux reprises. Des conversations téléphoniques comportant des aveux, que les policiers vont pouvoir retranscrire à l'aide des opérateurs téléphoniques.
Sa notification de garde à vue lui sera signifiée une fois que ce dernier sera en mesure de comprendre ses droits, et donc de pouvoir s'exprimer d'une manière quelconque. Une situation qui peut perdurer indéfiniment, jusqu'à ce que l'homme soit auditionnable. L'issue de cette affaire de quadruple homicide est donc encore loin d'être connue. Outre le déroulement des faits, de nombreuses interrogations demeurent encore sur le mobile de ces crimes multiples. Dominique Vanwascapel, ouvrier maçon sans histoire, n'avait en apparence aucune raison de s'en prendre à la femme qu'il devait épouser dans quelques mois, et encore moins à ses voisins avec qui il entretenait des relations plutôt cordiales.
Sébastien Gignoux