Thalassa fait des vagues
Tournée début juin dans l'île, et diffusée tardivement samedi dernier, la spéciale Thalassa consacrée à la Réunion était rediffusée hier soir sur Tempo. L'occasion pour de nombreux téléspectateurs de découvrir l'objet de la polémique : les propos de l'ancien maire de Sainte-Marie, Yves Barau, et de son épouse, qui regrettent le temps béni des colonies, et affichent leur rejet du métissage.
J'ai été extrêmement choquée . Cela me fait mal et je veux le dire . Les réactions ont été virulentes cette semaine, après la première diffusion de l'émission tournée dans l'île par l'équipe de Thalassa. Objet de la polémique : les propos tenus par Yves Barau, ancien maire de Sainte-Marie, et son épouse. Ah, le temps béni des colonies ! Les téléspectateurs de la rediffusion de l'émission, hier, sur Tempo, ont dû être nombreux à rester sans voix.
Fallait-il diffuser ces propos ?
Nostalgie d'une époque révolue. Celle où le couple de propriétaires terriens était servi 7 jours sur 7. Rejet du métissage - pas de mésalliance dans la famille . La carte postale mosaïque en prend un sacré coup. A 77 ans, le couple Barau renvoie une image de l'île qu'on préférerait oublier. Et à l'heure du métissage, et d'une île arborant sa tolérance à la boutonnière, on ne peut évidemment qu'être choqué par ce retour vers un passé aux relents nauséabonds. Pour autant, doit-on, comme certains, reprocher à Thalassa de montrer cette face honteuse, ce comportement marginal , comme le précise la journaliste ? Le fait de diffuser ces propos donne l'impression que Thalassa cautionne ce genre de comportement, ou du moins, le rend acceptable , écrit un de nos lecteurs. Si les propos du couple Barau marquent vivement les esprits, l'ensemble du reportage dévoile un tout autre aspect de la Réunion. Posée d'emblée par une vision historique de Daniel Vaxelaire, la question du métissage a le mérite d'y être abordée dans sa complexité. Il est très difficile ici d'entrer en conflit , affirme l'écrivain, qui explique le fait que chacun a, dans son arbre généalogique, un peu de tout . Il faut dépasser ça, et dire je suis métis, je l'assume, je suis citoyen du monde nouveau , précise Daniel Vaxelaire. Un discours renforcé par le témoignage de Pierrick, responsable associatif. Nous savons que nous sommes tous métissés (...). C'est encore un sujet tabou de dire que dans notre famille, même si on est blanc, il y avait un noir. Et même chez les noirs, c'est parfois difficile de se dire que son ancêtre était esclave . Oui. Il y a des sujets qui dérangent. Et Thalassa a pris le risque de gratter le vernis, de s'éloigner de la carte postale idyllique, pour aborder cette île, exemple d'intégration .
PETIT COMMENTAIRE PERSO: Il semblerait qu'il n'y ai pas que la famille Barau qui tienne ce discours sur l'île, en effet de nombreuses familles musulmanes présentes sur à la réunion ont rigoureusement le même language......S'en offusque t'on pour autant ???
Y aurait t'il deux poids, deux mesures ?? serait t'on raciste, faciste et xenophobe si nous tenons ce discours en tant que chretien et respectueux des traditions en tant que musulman ?? il n'y a qu'un pas que je n'hesites pas à franchir .... À bon entendeur.....
Elle abandonne ses trois filles
Le 17 novembre 2004, Marie-Pierrette Pink laisse ses trois filles âgées de 10 ans, 5 ans et deux mois livrées à elle-même pendant 24 heures. La mère ferme la porte à clef en disant à l'aînée qu'elle revient dans quelques instants. Puis, elle s'éclipse avec des amies faire la fête sur la côte saint-gilloise. Le lendemain matin, l'aînée prépare et nourrit ses deux soeurs. Puis ne voyant pas sa mère revenir, prévient son père, qui appelle les sapeurs-pompiers. La porte étant blindée, ces derniers sont obligés d'emprunter la grande échelle pour sortir les trois enfants par la fenêtre de l'appartement situé au 4e étage de l'immeuble de la Montagne. Dans l'après-midi, la mère est retrouvée ivre dans un bar de l'Ouest et explique : Nous sommes partis à Saint-Gilles et nous avons bu des coups toute la nuit Lamentable, lamentable ! , répète le président, tandis que la jeune mère ne s'est même pas présentée à l'audience. Me Patrice Sandrin, pour la présidente du conseil régional, demande un euro symbolique : Ses enfants sont victimes de l'immaturité de leur mère. Elle a été enceinte à 16 ans, son concubin est en prison. Tous ses frères et soeurs sont alcooliques. Elle doit être mise en garde afin de prendre conscience. Le ministère public partage ce point de vue et qualifie les faits de drame social . Le tribunal prononce une peine de 6 mois de sursis avec mise à l'épreuve pendant 18 mois, une obligation de soins et un euro symbolique à verser au conseil général.
Saint-Pierre : La malédiction des bijoux
Certains individus ont le don d'être au mauvais endroit, au mauvais moment. C'est ce qui est arrivé à un Saint-Pierrois de 35 ans, jeudi, alors qu'il était solidement ancré près d'un des nombreux camions bars du front de mer de Saint-Pierre. Il avait sans doute flairé la bonne place pour écouler de la marchandise volée, des bijoux en l'occurrence. Et lorsque deux clients désireux de goûter aux caris de l'échoppe se sont présentés, l'homme leur a également proposé ses produits personnels, de provenance plus que douteuse. Manque de chance, les deux clients potentiels étaient en réalité deux policiers en civil. Ces derniers ont donc fait semblant d'être fortement intéressés par la proposition. Mais c'est au commissariat qu'ils ont détaillé la qualité de la marchandise, chaînes, colliers, de même qu'un téléphone sans fil. Le tout pour une valeur totale de près de 1 500 euros. L'infortuné voleur a avoué s'être procuré la marchandise dans une bijouterie de Saint-Louis, en trompant la vigilance d'une vendeuse. Ce Saint-Pierrois devra s'expliquer pour ces vols devant le tribunal correctionnel, en novembre prochain. Au fait, ça ne s'invente pas ; le voleur de bijoux malchanceux s'appelle Johnny Bijoux. Après ça, dur d'entamer une reconversion.
SPORTS : RIP CURL SEARCH WCT 2005
Du bonheur en séries
Après deux journées d'attente, la libération ! Dans des conditions idéales, la première journée de compétition du championnat WCT a livré un spectacle de premier plan avec les huit premières séries de la manche. De Robin, le Réunionnais, à Slater le héros, en passant par Fanning ou Edge, les spectateurs se sont régalés.
L'attente de ces derniers jours a été à la hauteur du plaisir pris par l'ensemble de ceux qui étaient présents hier sur la baie de Saint-Leu. La décision des juges de lancer les épreuves, après l'arrivée des vagues si convoitées, a lancé la première partie d'une compétition déjà variée en émotions et haute en couleurs. Un condensé jubilatoire. Il était en effet presque midi, lorsque Frédéric Robin le régional de l'étape, acclamé pendant sa série, s'est offert les premières sensations dans l'eau de Saint-Leu, et 16 h environ lorsque Kelly Slater, tel un héros en est sorti. Entre les deux, la moitié du plateau s'était jeté avec envie dans cette première série sans fâcheuse conséquence, une sorte d'échauffement grandeur nature. Car si les premiers classés (Nunes, Patacchia, Fanning, Lopez, Hedge, Burrow, Brooks et Slater) rejoignent directement le 3e tour, les poursuivants seront réintégrés pour le 2e round de repêchage, où ils se disputeront le sésame pour poursuivre The Search , leur quête .
Robin frôle la qualification directe
Frédéric Robin était donc plus satisfait que déçu hier, après avoir surfé devant son public, et donné le meilleur de lui-même sur une bonne vague notée 7,5. Mais Nunes, le Brésilien, lui enlèvera le pain de la bouche avec l'une des plus belles traversés de la journée et un super carve final qui séduira les 4 juges. Sa vague (8,83, 3e meilleure vague de la journée) ne laissait au Réunionnais que 4 minutes (les séries durent 25 minutes en tout) pour trouver une perle qui ne viendra pas. Le ton était donné. Ensuite, Tom Curren enchaînait pour le plus grand plaisir des amateurs, avant que Mick Fanning l'Australien au feu sacré, ne donne une vision assez athlétique de son talent (vagues à 8,50 et 8,33). Suivait un florilège de talents à faire tourner la tête. Cory Lopez se contentant, excusez du peu d'un 8,17, avant que Nathan Edge troublé encore par le décor ne sauve sa qualif' qu'à la moyenne de ses deux meilleures vagues. C'est tellement parfait ici, quand tu surfes, tu vois les paysages, la montagne, le décor est magnifique . Mine de rien, on venait de voir entre autres les n°Â 5, 9 et 12 mondiaux charmer la gauche. Puis Kelly Slater, le boss des boss, arrivait, assommait tout le monde de son immense talent avec notamment une vague à 8,93 (3 juges à 9) et repartait dans une nuée de sollicitations. Ça avait duré 5 heures, quand on en donnait 2, et c'était à la fois intense, fluide et sportivement alléchant. Le village, multicolore et enfin vibrionnant, s'était entretemps enivré d'une ferveur populaire grossissante. Et ce n'est que le début. On espère aujourd'hui et demain, un pic de popularité, avec Grainville le Réunionnais, tôt dans l'eau dès ce matin avec Andy Irons et huit autres séries de classe mondiale. Le rêve continue.
F.A
Â