Ce n'est plus une surprise depuis quelques semaines déjà : le chikungunya connaît une croissance exponentielle. Nous atteignons probablement les 50 000 cas, dont 45 000 depuis la mi-décembre.
Ce sont désormais les 31 médecins du réseau sentinelle de surveillance qui fournissent les données permettant l'évaluation du nombre de personnes touchées par le chikungunya. Ce dispositif ne permet pas d'obtenir un nombre précis de malades mais, associé à un signalement de tous les médecins, il permet de connaître la localisation géographique des foyers les plus actifs et d'analyser l'évolution de l'épidémie. À partir de ces données, on évalue à ce jour à plus de 50 000 le nombre de ?chikungunyés? et à 15 000 les nouveaux cas hebdomadaires. Le pic ne semble pas atteint, même si l'épidémie paraît stabilisée dans de nombreuses zones. C'est désormais l'Ouest, proportionnellement moins touché, qui connaît une augmentation importante de nouveaux cas. Par ailleurs, si toutes les classes d?âge sont touchées, les plus de 30 ans sont particulièrement concernés, surtout chez les femmes (60% des cas). Les formes graves de chikungunya, notamment d'atteintes neurologiques, ont concerné 22 personnes (dont 13 nouveau-nés). Un bilan est en cours au centre hospitalier de Saint-Pierre. Quant aux cas de décès, la cause CHIK est présente dans 20 certificats, mais il s?agit toujours d'une cause secondaire. Les certificats de décès seront désormais transmis quotidiennement à la Drass par les communes.
Anne Dalaine