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Chikungunya : 20% de la population infectée 77 morts
Le dernier point sur l'épidémie de chikungunya a été rendu public hier. Outre les 157 000 cas comptabilisés depuis mars 2005, on dénombre, jusqu'au 19 février dernier, 77 décès liés au virus, dont 10 pour lesquels aucune autre cause médicale que le chikungunya n'a été retenue. Des décès directs dont le nombre a doublé depuis le précédent point en date du 12 février. La transparence, les autorités sanitaires de l'île et les ministres de passage n'ont plus que ce mot à la bouche. Pourtant, hier, une nouvelle fois, le ?gratin médical? en charge de la gestion de l'épidémie a fait la démonstration du fossé qui sépare le discours des actes. Le rapport communiqué hier officiellement, pour la première fois à la presse, est une version tronquée et expurgée du document approuvé, la veille, par les membres du comité scientifique des arboviroses (CAS). Bien sûr, pas un mot de tout cela n'a été prononcé en conférence de presse. Quelle différence cela fait-il ? Elle n'est pas négligeable. Primo, le vrai faux rapport oublie de préciser que 10 certificats de décès mentionnent le chikungunya comme cause immédiate de la mort. La mention a d'ailleurs totalement disparu dans le document remis à la presse. Interrogée sur cette absence, Jet de Valk, l'épidémiologiste de l'InVS arrivée à la Réunion hier, l'a expliquée par une volonté de faire ?une analyse plus poussée des certificats et il est possible que cela change leur classification?. Un peu léger, il faut bien en convenir. Mais, il va falloir s'en contenter pour l'heure, à défaut d'obtenir l'avis du Pr Brüker, le patron parisien de l'InVS, qui évite soigneusement les entretiens avec la presse réunionnaise. Secundo, le rapport expurgé se limite aux formes graves de patients dont la contamination par le virus a été confirmée biologiquement. L'impasse est faite sur tous les autres cas qui figurent pourtant dans le premier rapport, remis aux membres du CAS. Au passage, les cas de décompensations cardiaques et les formes cutanées sévères ont tout bonnement disparu alors qu'elles existent et qu'elles suscitent l'inquiétude des milieux hospitaliers réunionnais. Pour une première leçon de transparence, on aurait attendu mieux. Mais, faut-il vraiment s'en étonner ? Pierre Leyral 
Source : ilereunion.spaces.live.com
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